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Big brother et vous

C'est inimaginable comme on peut s'intéresser à vous, souvent sans même que vous ne le sachiez. On veut connaître votre emploi du temps, votre opérateur mobile, vos trajets, peut-être même votre salaire, votre groupe sanguin, ...

Des exemples ? Il y en a plein.

La carte Navigo, abonnement annuel disponible pour l'Ile de France, présente l'aspect très pratique de ne pas se retrouver en fin de mois dans les interminables queues près des guichets et distributeurs de la SNCF, RATP et tout autre distributeur agréé. Il est très facile, par validation de la carte Navigo à chaque étape, de connaître vos divers trajets. Couplez à cela les informations personnelles sur votre âge, votre sexe, votre domicile et on obtient des informations tout à fait exploitables commercialement. Et tout cela pour pas très cher, voire même gratuitement car vous fournissez ces informations de votre plein gré.

Savez-vous que les informations de votre carte grise sont vendues par les Préfectures, aux concessionnaires notamment ? Il suffit de coupler là encore ces informations personnelles à des informations de datamining, et oh surprise ! Vous recevrez certainement des publicités chez vous ou des sollicitations téléphoniques lorsque vous penserez (sans forcément l'exprimer) à changer votre véhicule.

Que dire de l'audimat et de la publicité, des cookies sur Internet, des inconvénients de payer par chèque, et j'en passe.

Nous sommes présents dans des milliers voire des millions de fichiers informatiques. Notre comportement est surveillé, tracé, anticipé... l'idéal serait même qu'il soit contrôlé, à distance, de façon consciente ou subliminale.

Alors certes, il est connu et reconnu que ces traitements informatisés sont légion dans le monde des affaires, du marketing et du commercial. Mais que dire du fichage dans le cadre judiciaire, là où on pourrait penser que ce serait plus utile ?

Il se trouve que le ministère de l'Intérieur veut mettre en place, pour 2006 au plus tard, une nouvelle carte d'identité électronique surnommée INES pour Identité Nationale Electronique Sécurisée (voir l'article de ZDnet.fr). Cette carte va, en plus des données basiques de l'état-civil, intégrer :

  • des données biométriques (empreintes digitales, photo numérisée)
  • des données personnelles identificatrices, utilisées pour l'e-administration (l'Administration Publique (impôts, ministères, préfectures, etc.) gérée et joignable de façon électronique) ou la signature électronique pour les contrats commerciaux par exemple
  • un portefeuille électronique, sorte de pense-bete où vous pourrez enregistrer votre numéro de Sécurité Sociale et autres identifiants

Munie d'une puce RFID (puce à radio fréquences, accessible par ondes radio), il ne sera pas nécessaire de la présenter tout près d'un lecteur pour y lire ces informations. Un contrôle d'identité pourrait se faire à votre insu, alors que celui-ci ne devrait se faire théoriquement que de manière exceptionnelle et pour des raisons de sécurité.

Cette carte, nous dit-on, s'inscrit dans un cadre global de mise en conformité par rapports aux standards internationaux (y compris européens). La paranoïa ayant atteint son paroxysme après les attentats de 2001 aux Etats-Unis d'Amérique justifierait un fichage automatisé et systématisé de chaque Français, puisque cette carte sera obligatoire (et payante, cela va de soit voyons).

Envisageons de pousser à l'extrême l'idée de cette systémisation du fichage légal des personnes. Ca me rappelle un peu le film Minority Report de Steven Spielberg, avec Tom Cruise. Vous savez, ce film qui prend place dans un futur pas très loin, où on prévoierait à l'avance (36 heures pour être exacte) les crimes avec les coupables et éventuellement les raisons. C'est un peu le même principe qui est recherché, ici et maintenant.

Quand on dit que la réalité peut rejoindre la fiction, avec une simplicité déconcertante !

Une demi-douzaine d'organisations (La Ligue des droits de l'homme (LDH), le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France (SAF), l'association Imaginons un réseau internet solidaire (Iris), le collectif Droits et libertés face à l'informatisation de la société (Delis) et l'Association française des juristes démocrates (AFJD)) se mobilise pour le retrait du projet de la carte INES. Espérons qu'ils soient écoutés ou qu'au moins le projet sera revu.

A suivre...

Auteur : S. DIALLO, le 29 mai 2005. © Tous droits réservés.
Sources : ZDnet.fr, Allocine.fr.

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