Accéder au contenu principal

1980-1981 : Année 1

Ma naissance est liée à des retrouvailles particulières.
Mon père est né fils de paysans, dans les collines du Fouta Djalon. L'un des rares de sa famille à aller à l'école, il s'en sort pas mal, et continue son bonhomme de chemin jusqu'à avoir la possibilité d'étudier en France.
Il épouse ma mère et partent ensemble vivre quelques temps au Mali, lui comme cuisinier, elle comme nounou ou femme de ménage, je ne sais pas. Le premier enfant nait en Guinée, et grandit en partie au Sénégal, alors que mon père lui, a rejoint la France depuis quelques années et y vit seul, entre ses études de comptabilité et son travail de gardien, la nuit et les week-end.
Le regroupement familial est en cours, ma mère et mon grand-frère finissent par rejoindre mon père à l'aube de l'été 1979. Je pense avoir été conçue à ce moment-là.
Mon grand-frère est plus que ravi de ma prochaine naissance, tout comme mes parents. On prévoit de la place dans ce petit 2 pièces, le logement de fonction de mon père.
La suite, c'est mon carnet de santé et mon dossier médical qui me permettent de le retracer.

Un gros bébé qui arrive. Un accouchement qui se déclenche plus tôt que prévu. Pas le temps de faire une césarienne.
Mes épaules sont trop larges. "Dystocie des épaules", c'est écrit dans mon carnet de santé. A cette époque, le mot d'ordre est de sauver la mère et l'enfant coûte que coûte. Alors, on y va : on sort l'enfant en tirant par le bras.
Ca ne pardonne pas : les nerfs, à peine naissants, sont déchirés, sectionnés. Résultat : paralysie du plexus brachial droit. Mon bras droit est inerte.
On me sort du ventre, je ne respire plus. 5 minutes plus tard, ils réussissent à me réanimer.
Me voilà arrivée dans ce monde, après un accouchement difficile, et handicapée à vie.

Mes parents font porter l'affaire en justice, et sont déboutés. Il n'y a que la vie qui compte, à n'importe quel prix.

Plutôt que de se laisser abattre, ils cherchent des solutions. Les bons chirurgiens qui pourraient m'aider à récupérer un peu, un jour. Et à côté de ça, je tombe régulièrement malade. Les hôpitaux ne me sont plus étrangers.

A l'écrire, l'année 1 n'a pas l'air joyeuse. Et pourtant, lorsque je regarde les photos de cette époque, mes proches ont le sourire, mon frère en première ligne.
Un nouvel évènement va marquer fortement l'année 2...

Commentaires

yxelle a dit…
Courageux temoignage, mon ange.

Posts les plus consultés de ce blog

Vous qui passez sans me voir

J'ai un peu cette tendance à venir rallumer la lumière quelques jours par ici, en fin d'année... et laisser quelques traces de mon contexte temporel. Puis repartir.
En fait, je continue toujours à écrire, les réseaux sociaux sont mon nouveau support, tant ceux-ci répondent à la fugacité et à la concision que je recherche.
Souvent, écrire ici me demande un peu plus de calme, de tempérance, de consistance. Et j'avoue, j'ai du mal à me laisser ce temps.
Je m'éparpille tellement par ailleurs, je ne sais pas encore ce que je pourrai faire de cet endroit.
En tout cas, vous qui passez sans me voir, j'espère que tu vas bien.


George Michael - Older

Et nous vieillissons aussi.

A la recherche de l'indépendance

C'est peut-être l'approche de la quarantaine, les cheveux blancs un peu plus présents, mais tout m'amène à des réflexions sur le futur.
Le bonheur dans le travail, je le cherche encore. J'ai toujours mon objectif en tête, apprendre de mon rôle de consultante ce qu'il y a à savoir pour être un vrai caméléon, efficace mais détachée.
Alors oui, j'ai plus d'opportunités de changer, de côtoyer de nouveaux univers. Ça en est même perturbant parfois, j'en apprends beaucoup sur ma capacité d'(in)adaptation.
Pour le moment, je joue le jeu, mais... c'est décidé, je dois reprendre mon destin en main.
J'avais pensé à me mettre en indépendante mais la vérité, c'est que je voudrai ne plus travailler autant.
A la recherche de la recette miracle, je suis tombée sur des blogs, des livres prônant l'investissement, la création de rentes... ah, si j'étais riche. Est-ce que je serai heureuse ?

Alors je me lance, et quoi de mieux qu'un blog pour …